12.10.2007
Les Verts derrière les Bleus
Qui soutenir entre la France qui a participé à l’élimination de l’Irlande et l’Angleterre, l’ennemi historique? En faisant un mini-sondage parmi mes amis, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais leurs réponses sont sans équivoques. Le pays du Trèfle soutient les hommes en bleu. Petite sélection de réponses traduites de l’anglais. Eva: «Ce serait cool si la France et l’Argentine se retrouvaient en finale…donc la France». Báirbre: «La France, à cause de Chabal». Sorcha «Je soutiens la France… ils jouent un bon rugby et s’ils gagnent, on aura moins de regret d’avoir été battu par les vainqueurs.» David: «Allez la France! Quelle autre équipe pourrais-je soutenir?» Laura: «La France jusqu’au bout »...
Espérons que les encouragements irlandais insuffleront un supplément de fighting spirit aux Français… A Dublin, personne ne souhaite voir les représentants de l’île voisine continuer leur parcours. Certaines rivalités ont la peau dure.
Merrill Goussot,
à Dublin
15:55 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Irlande, Trèfle, Ennemis héréditaires, rugby, Supporters
05.10.2007
Verts de déception
Une semaine après, l’Irlande ne s’est toujours pas remis de sa défaite. «Quand une équipe gagne, c’est grâce aux joueurs, quand elle perd, c’est à cause de l’entraîneur» dit-on généralement. Cette fois, les joueurs et l’entraîneur sont mis dans le même bateau. Et pour les fans ou les commentateurs il n’y a pas grand-chose à conserver.
A l’aéroport de Dublin, quand les joueurs ont débarqués, quinze fans les attendaient. Seulement quinze personnes dans un pays qui vit rugby, c’est un signe qui veut tout dire sur la déception causée par la contre-performance irlandaise.«Que cette équipe ait joué à ce niveau de médiocrité est totalement sans précédent», écrit Matt Williams, l’analyste rugby de L’Irish Times, avant de pointer les faiblesses offensives, défensives, psychologiques et surtout la complète défaillance dans les systèmes de jeu, et le choix des joueurs alignés. Rien que ça.
Et il ne faut pas compter sur L’Irish Independent, pour un bilan plus nuancé que son concurrent. Leur revue des joueurs est incendiaire. O’Driscoll: «douteux en tant que leader». O’Gara: «la triste ombre de ce qu’il était», D’Arcy «a réalisé une coupe du monde affligeante», O’Sullivan «un désastre». Eddie O’Sullivan a eu du flair d’avoir renouveler son contrat pour quatre ans avant la Coupe du Monde. Et l’IRFU (Irish Rugby Football Union) a décidé de ne pas le remettre en cause, son directeur général Philip Browne allant même jusqu’à déclarer : «D’après nous, il est la personne la mieux qualifiée pour ce poste». Un avis probablement partagé par un seul autre Irlandais en Irlande : Eddie O’Sullivan lui-même!
Merrill Goussot,
à Dublin
11:41 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Déception, aéroport, Irlande, O'Sullivan, Presse, rugby
28.09.2007
Un miracle sinon rien
Les miracles n’arrivent pas qu'au milieu des déserts ou aux sommets de collines. Ils se produisent aussi sur des pelouses bien entretenues. Enfin, c’est ce qu’espèrent les Irlandais. Car si un mot revient encore et encore dans les commentaires d’avant-match, c’est bien celui de «miracle». Et parfois un miracle, c’est très scientifique: ça se mesure en essais et en points. Quatre essais et une victoire de plus de 7 points pour être précis.
Pour l’Irlande, qui a péniblement marqué 14 points contre la Géorgie, déposer quatre essais derrière la défense argentine a des allures de chemin de croix. Les joueurs se préparent à la la pénitence, mais restent focalisés sur un but plus important que les coups qu’ils vont prendre. Prouver aux incroyants qu’ils méritent de figurer parmi les huit meilleures équipes du monde, et donner un sens aux mois de préparation.
Malgré l’absence du pilier Simon Best (problème cardiaque), les hommes en vert veulent y croire et dans chaque pub du pays, les passionnés communieront avec leur équipe pendant les 80 minutes qui décideront de leur sort. Quant-à moi, je quitte la capitale le temps d’un week-end et part en pèlerinage à Galway, où je me prépare à regarder le match, à rire ou à pleurer selon le résultat, entouré d’amis pour la vie rencontrés cinq minutes plus tôt.
Merrill Goussot
(En Irlande)
09:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rugby, mondial, irlande, argentine
22.09.2007
En direct du Pub, mais côté Frenchie
Une heure avant le match, les premiers supporters français arrivent au Thomas House. Ce pub de Dublin n'est pas réputé pour passer du rugby ou du sport en général. Il est plutôt positionné sur un créneau musical avec soirées électro, reggae ou rock. Mais comme, depuis presque un an, il accueille le French Friday, on a mis une gentille pression pour qu'ils installent des écrans!
Une demi-heure avant le match, il n'y a plus de places assises, et l'accès au bar devient compliqué. Essayez de vous déplacer au milieu d’une foule avec trois pintes dans les mains et vous comprendrez que c'est une pratique à risques. Bien que largement minoritaires dans le pub, les Irlandais présents font un joyeux raffut. En vert de la tête aux pieds, ils compensent leur faiblesse numérique par leur énergie. Du côté Frenchie, il faut chercher pour trouver quelques maillots bleus. 9-0 pour la France. Chaque pénalité reçoit son lot d'applaudissements, mais on sent bien que tout le monde attend un vrai et bel essai. C'est avec la manière qu'on veut gagner contre les Irish.
La première mi-temps rassure (on va gagner), mais ne passionne pas (c’est quand qu’on marque un essai?). Depuis un an, tous les pubs irlandais sont non-fumeurs, alors les spectateurs taquins, profitent de la mi-temps pour jouer à «qui va fumer sa clope, perds sa place». 58e minute. Un coup de pied de Michalak à travers la défense irlandaise et essai de Vincent Clerc. La clameur retentit. C'est comme ça qu'on veut gagner!
Après cet essai, les aller-retour vers le bar se développent exponentiellement. La troisième mi-temps commence avant la fin de la deuxième. Les dernières 20 minutes se passent à atteindre le bar, commander sa tournée de pintes, les rapporter à son groupe de potes, les boire, puis aller à nouveau au bar. La soirée ne faisait que commencer. Et elle s'est terminé tôt...
Merrill Goussot
(en Irlande)
12:39 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Irlande, Pub, Dublin, Frenchies, Irish, rugby, Troisième mi-temps
21.09.2007
Le moral dans les chaussettes
«La France va annihiler l’Irlande». Dixit mon beau-père irlandais. Je me suis bien gardé de contredire, il faut bien être poli avec la belle-famille, non ? Il paraît loin, le temps où les chauffeurs de taxi enchaînaient directement sur un «Désolé pour votre future défaite» après avoir reconnu mon accent. Désormais, ils évitent les vannes et évoque gentiment la météo ou les derniers déboires judiciaires des hommes politiques.
La confiance irlandaise ébranlée par le match contre la Namibie n’a pas survécu à la difficile victoire contre la Géorgie. Malgré les t-shirts «In B.O.D. we trust» (Jeu de mot sur les initiales de Brian O’Driscoll et de l’expression In God we trust), qui pululent dans les rues, les Irlandais n’y croient plus vraiment. «Et pourtant, c’est l’équipe qui a presque gagné le Six Nations», remarque une amie irlandaise qui cherche une explication aux bégaiements de son équipe. Comme les instituts de sondages vérifient le moral des ménages, les bookmakers évaluent le taux de confiance des Irlandais. Et ces professionnels du pari confirment l’impression générale de débandade…ils pronostiquent tous une victoire française.
Dans la communauté frenchie, chacun organise son vendredi soir et se donne rendez-vous dans un pub pour regarder le match. J’en profite pour inviter des lecteurs du blog de passage à Dublin à me retrouver au Pub Thomas House (Thomas Street) où l’on passera le match pendant la soirée mensuelle French Friday (co-organisée par votre serviteur).
Merrill Goussot (en Irlande)
11:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Irlande, débandade, bookmakers, In BOD we trust, French Friday
14.09.2007
First XV
Lorsqu’une équipe joue mal, les supporters sont prompts à mettre en avant tel joueur blessé ou tel autre absent. A chercher une raison qui ne remette pas en cause le potentiel de leur joueurs. Samedi, contre la Géorgie, les supporters irlandais n’auront aucune excuse. C’est leur équipe-type qui sera alignée. Le « First XV » comme on dit ici. Pas d’absents, ni de blessés comme alibi.
Avec le retour de l’ailier Shane Horgan et la présence du capitaine Brian O’Driscoll, il n’y aura aucune explication extérieure à un mauvais match, en dehors des joueurs eux-mêmes. Lourde responsabilité pour une équipe qui n’a pas vraiment impressionné jusqu’à présent. Si les hommes en vert ont gagné sans problème leur première rencontre (32-17 contre la Namibie), la manière de gagner n’a pas vraiment convaincu.
Des dizaines de balles perdues et de nombreuses erreurs ont inquiété. Les aficionados celtiques du ballon ovale savent bien que face à la France et à l’Argentine, il faudra jouer mieux, beaucoup mieux. La confrontation contre la Géorgie est vécue comme une répétition générale, un match d’essai pour se rassurer et montrer ce que l’Irlande peut faire lorsqu’elle a ses meilleurs joueurs sur la pelouse. Il ne s’agit pas de gagner mais de convaincre, pas de marquer mais d’impressionner, pas de transformer des essais mais de regagner la confiance d’un peuple amoureux du rugby.
Merrill Goussot
(en Irlande)
17:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Irlande, reconquête, rugby
06.09.2007
«Allez les Bleus»
Qu’un supporter irlandais déclare «Allez les Bleus» en français à quinze jours du clash France-Irlande a de quoi étonner. Que mon ami Kevin, soutien indéfectible de l’équipe du Leinster, soit l’Irlandais en question a de quoi me faire lâcher ma Guinness. Et pourtant , epuis deux ans en Irlande, j’ai appris à tenir une pinte! Kevin fait partie des supporters «sérieux»: abonnement à la saison et dernier modèle du maillot, même si la seule différence est un changement de sponsor.
Qu’est-il arrivé à Kevin? Quelques semaines plus tôt, avant Bayonne et la «sinusite» d’O’Driscoll, il prédisait que l’Irlande et l’Argentine finiraient en tête de la poule D et ne faisait pas grand cas du XV tricolore. La difficile victoire contre l’Italie (23-20) et la blessure d’O’Driscoll auraient-elles suffit à faire dégoûter Kevin de son équipe? A faire fondre sa fidélité? Sourire aux lèvres devant mon air ahuri, Kevin m’explique alors que les supporters de Leinster ont l’habitude d’encourager leurs joueurs (dont le maillot est d’une couleur plus claire que celui de la France) à coup d’« Allez les Bleus » en français dans le texte. Et que lors de la Coupe du monde, il soutiendra d’abord les joueurs du Leinster. Tous les joueurs du Leinster. Brian O’Driscoll évidement: «He has to come back, Ireland without Deco isn’t Ireland.» Mais aussi l’Argentin Felipe Contepomi: «The guy is a genius.» Il ne faudra pas s’étonner si, vendredi soir, parmi les «Allez les Bleus» du stade de France, certains ne s’adresse pas aux Bleus… enfin pas à ces Bleus-là!
Merrill Goussot
17:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : irlande, blog, rugby, mondial










